Partirons-nous en avion cet été ?

Bonjour et merci d’être venu me lire aujourd’hui !

Ce temps estival et la perspective des vacances d’été m’ont incitée à me pencher sur la thématique des voyages en avion et de leur impact sur le climat : quel est l’impact d’un trajet en avion, et plus généralement du transport aérien au niveau mondial ? Quelles sont les perspectives d’évolution du trafic ?

Les émissions de CO2 liées à un trajet en avion

Calculer son bilan carbone personnel sur une année permet de se rendre compte du très fort impact, à l’échelle individuelle, d’un trajet en avion longue distance.

Pour mémoire, l’empreinte carbone moyenne d’un Français est de 9,6 tonnes équivalent CO2, tandis qu’un seul aller-retour Paris – New York en classe éco produit 2,8 tonnes de CO2, soit 30% de notre empreinte annuelle totale !

Si vous partez chaque année une ou deux fois en vacances en avion, ces voyages représentent probablement la majeure partie de votre empreinte carbone.

Les émissions de CO2 ne représentent qu’une partie de l’impact climatique de l’aviation

L’aviation n’est pas seulement une source d’émissions de CO2 directement liées à la consommation de kérosène, mais aussi d’autres émissions :

  • Oxydes d’azote, qui augmentent à leur tour les concentrations en ozone et en méthane, deux autres gaz à effet de serre.
  • Vapeur d’eau, qui contribue à la formation de trainées de condensation favorisant l’apparition de nuages de type cirrus, qui réchauffent la surface de la terre.

Au total, l’effet réchauffant des émissions de l’aviation, appelé forçage radiatif, est ainsi deux fois plus important, voire plus, qu’en prenant en compte seulement le CO2

Le transport aérien, à l’origine de 5 à 7 % du réchauffement climatique mondial

Au niveau mondial, l’aviation contribue à hauteur de 2,5 ou 3 % des émissions totales de CO2. Ce chiffre n’a rien d’anodin. A titre de comparaison, il représente l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre d’un pays comme l’Allemagne.

Or, prendre en compte l’ensemble des impacts du transport aérien revient à multiplier ce chiffre par 2, voire par 2,2. On aboutit ainsi à cette estimation : l’aviation contribue  pour une part de  5% à 7% dans le réchauffement climatique mondial. Certains experts évaluent même cet impact global à 10%.

Plus grave encore, le trafic aérien croît à raison d’un doublement en moins de 15 ans ! Si rien n’est fait pour limiter cette croissance folle, en 2035 l’aviation sera à l’origine de 14 à 20 % du réchauffement climatique mondial …

Car ne nous leurrons pas, quoi que puisse en dire le secteur aéronautique, un « transport aérien durable » et une « croissance verte » du secteur et n’existent pas. (Si vous vous intéressez à la question, reportez-vous à l’article « Le mouvement fly less » mentionné dans mes sources).
Aujourd’hui, la seule manière de réduire réellement l’impact des transports aériens sur le climat consiste à moins les utiliser.

Retenons surtout que, parmi les changements à opérer pour atteindre un monde neutre en carbone, sacrifier partiellement nos trajets en avion est à notre échelle individuelle l’une des façons les plus efficaces d’agir pour le climat.

Bonus non négligeable en ces temps de covid-19 : en réduisant le trafic aérien, nous ralentirons la propagation des virus et autres pathogènes…

Sources

Si vous vous interrogez sur les perspectives d’avenir de l’aviation, je vous recommande le webinaire « Préparer l’avenir de l’aviation : les propositions du Shift Project »,  intéressant surtout dans sa première partie (slides).

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2 commentaires sur “Partirons-nous en avion cet été ?”

  1. Merci de venir au secours de mon ignorance. Je ne connaissais pas ces impacts de l’aviation en plus des émissions de CO2. Hélas, je vois bien qu’il faudra de plus en plus se passer de voyages en avion !

  2. Pour tout vous avouer, je ne connaissais pas moi non plus ce coefficient multiplicateur par 2 ou plus. J’ai créé mon blog justement pour cela, pour partager mes découvertes et mes info avec toutes les personnes intéressées.

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